IDS-Bien sur magazine - IndexIDS-Bien sur magazine - Bien Sûr santé magazine no6 - IndexLa der
des der
démiologiques, du moins pour les nonfumeurs.
Une drogue de moins en
moins sociale
La cigarette est encore considérée
comme une « drogue sociale », celle
qui permet d’entamer le dialogue, de
partager des moments de convivialité.
Elle apparaît même à ceux qui
l’ont toujours connue comme une
part de notre culture... Les industriels
du tabac ont bien travaillé. Ils ont
réussi pendant des années, sur un terrain
où même les alcooliers avaient
renoncé, à prétendre que la dépendance
à la nicotine était un leurre,
que la nocivité de la fumée était relative
pour l’usager et peu probable
pour l’entourage,
que le tabac était
finalement une
pratique relevant
de la seule décision
des individus : un
quasi-symbole
d’indépendance
sur fond de liberté,
d’aventure
et de grands es-
paces peuplés de beaux cowboys burinés,
de couchers de soleil rougeoyants
et de bien-être béat.
Il est vrai que les choses se sont un
peu gâtées depuis quelques années.
L’Amérique qui l’avait imposée au
monde entier s’est liguée contre la cigarette
avec une haine aussi excessive
que l’idolâtrie qu’elle lui avait témoignée
pendant plus d’un demi-siècle.
Au pilori, Lauren Baccall ! Au bucher,
Etat et tabac
Liens fumeux
Humphrey Bogart. Les héros d’outre
Atlantique partent aujourd’hui se battre
la fleur au fusil et le chewing-gum entre
les dents, mais jamais le clope au bec...
Cococorico fumant
S’il faut reconnaître un mérite aux autorités
de santé publique françaises,
c’est sans doute de ne pas avoir cédé
comme les USA l’ont fait à la chasse
aux fumeurs. Là bas, c’est le compor-
…
C’est une constante dans les politiques
économiques... Lorsqu’un produit
devient un produit de masse, les taxes
ne tardent pas à apparaître.
Richelieu avait eu, si l’on peut dire,
le nez fin en créant, dès 1629, le premier impôt sur le tabac. Pour financer
les fastes du Roi Soleil, Colbert avait 50 ans après, poussé le bouchon un
peu plus loin encore en instaurant le monopole d’Etat de la vente du tabac
(supprimé en 1789, rétabli ensuite par Napoléon...). Ce n’est qu’en 2000 que
l’Etat français s’est désengagé de la Seita, société qui détenait le monopole
de la production et de la distribution des cigarettes. Les taxes, elles, sont
restées... pour la bonne cause ! ◗
NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2007 - BIENSÛRsanté - 35