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IDS-Bien sur magazine - Bien Sûr santé magazine no6 - Index

SOCIETE

Lorsque vous êtes stressé ? Lorsque
vous êtes détendu ?
En réalité, tous les fumeurs cumulent
toutes les raisons de fumer. Et, toutes ces
raisons sont de vraies raisons car chacune
d’entre elles va engendrer une réponse
que le cerveau du fumeur accro
va interpréter comme une satisfaction à
sa demande. Si je suis seul et que je
m’ennuie, au minimum fumer me fournit
une occupation, va me stimuler. Si je
passe une bonne soirée entre amis, le
tabac soulignera la convivialité de l’instant.
Si je suis stressé, j’aurai l’impression
que la cigarette m’aide à décompresser,
etc... Chaque fois, il s’agit d’un leurre,
chaque fois, je serai pourtant piégé.
C’est cette dépendance psychologique,
plus forte encore que la dépendance au
produit lui-même, qui rend parfois si délicate
les tentatives d’arrêt. L’arsenal thérapeutique
mis aujourd’hui à notre
disposition est impressionnant et les médecins
qui avaient été si discrets des années
durant, sont désormais résolument
engagés dans l’éradication du tabagisme.
Médecin - patient, le calumet
de la paix
Tout le monde - ou presque - a compris
qu’arrêter de fumer était une décision
En fonction de son profil, le médecin
va pouvoir l’aider à déterminer quelle
méthode de sevrage sera la plus
adaptée au fumeur qui a décidé
d’arrêter. Gros fumeur très dépendant,
fumeur « gestuel », fumeur fragile, fumeur polymorphe...
Pour simplifier, on peut résumer l’arsenal à notre
disposition à deux sortes d’armes :
Les substituts nicotiniques, de type patches ou
chewing-gums. Ils vont, dans un cas diffuser très
régulièrement dans notre organisme une dose de nicotine
suffisante pour pallier l’effet de manque et, dans l’autre
cas, apporter aux récepteurs de notre cerveau la
38 - BIENSÛRsanté - NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2007
Les racines
à Nicot
Si l’alcool peut être considéré comme un
élément important de notre culture (mais
également, hélas, comme une catastrophe
sanitaire...), il n’en va pas de même pour le tabac. « L’herbe à Nicot », connue
et consommée depuis le XVIe siècle n’a véritablement pris un essor massif en
France qu’après la deuxième guerre mondiale, sous la forme de cigarettes.
Après la libération, l’image de l’homme est associée au militaire dont
l’uniforme intègre quasiment la cigarette.
Les femmes fatales font leur apparition à l’écran. La gestuelle de la séduction
se nourrit de la fumée de leur cigarette. Plus tard, la génération soixante-huit
imposera le tabac comme l’affirmation du féminisme face au machisme
encore triomphant. Lointaine époque ? En tout cas, la cigarette n’apparaît plus
comme un enjeu de pouvoir dans la guerre des sexes ! ◗
importante, entraînant parfois un changement
profond de mode de vie. Un
« vrai » fumeur est un individu dont
chaque instant de l’existence est
rythmé, souligné, accompagné par la
cigarette. Accro à la nicotine, il l’est
aussi au geste, au symbole que lui apporte
la cigarette et qu’il serait ridicule
de nier ou de minimiser.
S’engager dans une démarche d’arrêt
du tabac avec son médecin permet
d’abord de prendre en compte le plus
Patches, chewing-gums
et « vrais » médicaments
possible de paramètres physiques et
psychologiques pour se donner plus
de chances de réussite (très peu de fumeurs
sortent vainqueurs d’un combat
solitaire). Cette collaboration
médecin - patient facilite ainsi le choix
d’une méthode thérapeutique et des
outils qui viendront la servir. N’oublions
pas qu’elle conditionne le remboursement
de 50€ par la Sécurité
sociale. Et il ne faut négliger aucune
piste de motivation ! ◗
satisfaction qu’il réclame lorsque l’envie de fumer se fait
sentir. Prescrits, ils sont remboursés à hauteur de 50€
par la Sécurité sociale et sont également disponibles
sans prescription.
Les médicaments de sevrage. Moins nombreux
(deux médicaments seulement), ils permettent de lutter
efficacement contre la dépendance. Le premier (Zyban)
compense la frustration du manque par des propriétés
d’antidépresseur. Le second (Champix) supprime l’effet
de manque en ciblant les mêmes récepteurs que la
nicotine et supprime également toute satisfaction
lorsque l’on fume. ◗